[TEST] The Order : 1886
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Jeu de tir en vue objective (TPS) sur PS4, The Order : 1886 prend place au sein d'une uchronie qui vous transporte à Londres dans une époque victorienne revisitée. Devant faire face à la menace d'une espèce mi-humaine mi-bestiale, le joueur incarne un membre de l'Ordre qui a pour objectif de protéger la population de ce fléau.
''Ne jugez rien sur l'apparence, ne jugez jamais rien que sur des preuves. Il n'y a pas de meilleure règle''
- Les Grandes espérances, Charles Dickens, 1860 -
- Prologue -
Durant l'E3 2013, Shuhei Yoshida introduisait une nouvelle propriété intellectuelle qui s'est révélé sous la forme de The Order 1886. Avec le pedigree du studio, l'ambition du titre et sa toile de fond, mes attentes étaient pour le moins élevées.
Qu'en est-il ? Jugeons sur pièce.
Chapitre I - L'immersion -
Les graphismes, la modélisation, couplés à la gestion du moteur physique, l'éclairage dynamique, fournissaient d'ore et déjà l'impression d'appartenir à ce Londres alternatif. Pouvoir marcher à son propre rythme plutôt que de traverser les niveaux, est une possibilité toujours appréciable. Également, inspecter les objets sous toutes les coutures est un pur bonheur. Ces plaisirs simples sont complètement au cœur même du concept qui, entre ses différentes phases, invitent à la contemplation, l'analyse, l'écoute, la flânerie.
J'en conviens, il y à un véritable parti pris créatif concernant l'interaction avec l'univers. Cela étant dit, les développeurs ont choisi d'emprunter cette voie en restant cohérent et non sans une certaine élégance.
Chapitre II - La galerie de personnages -
Au sein de l'Ordre, les illustres chevaliers de la Table Ronde deviennent des titres honorifiques que porteront chaque nouvelle personne acceptée, consacrée et adoubée. Notre connexion immédiate avec ce monde alternatif s'effectue avec Galahad, puis via un ensemble de figures évoquant tous le mythe, la noblesse, l’érudition et le mystère. Notons la présence du Marquis de Lafayette, digne représentant de la légèreté au sein du jeu.
Chapitre III - La narration -
Sans trop entrer dans les détails, l'utilisation des zones d'ombre de l'histoire est intrigante bien que prévisible, l'aventure de Sir Galahad n'a pas de mal à devenir personnelle, tant le récit est prenant du début à la fin, plus encore, définissant complètement son protagoniste, la franchise elle-même.
Chapitre IV - Le gameplay -
Faisant partie intégrante du parti pris créatif évoqué plus tôt, les QTEs tout comme l'armement jouissif, les dégâts localisés et certaines possibilités optionnelles (faire exploser une grenade en plein vol/dans la main d'un ennemi ou le désarmer en tirant sur son arme) sont des éléments qui nourrissent la cohérence et l'immersion du titre. Bien qu'assez classique dans leur déroulement, le résultat est efficace. La mobilité lourde et précise du chevalier parait juste, que ce soit face aux lycans durant des affrontement brutaux, épuisant, déstabilisant ou, faces aux insurgés dont l'intelligence artificielle, sans être révolutionnaire, fait bien son office.
Chapitre V - La mise en scène -
Si la prouesse graphique est évidente, c'est la direction artistique qu'il faut saluer. Évoquant les travaux de Charles Dickens, l'expression du romantisme en peinture, pourvu d'un rendu filmique ahurissant, d'une élégance sans bornes, soignée aux point d'en être maladif et crédible, en attendant mieux, le travail homérique du studio devient dorénavant le nouveau standard de cette génération.
Chapitre VI - Le rythme -
Il s'agit sans doute de la grande faiblesse du jeu, bien plus sensée qu'une hypothétique durée de vie (fournissant plus de dix heures d’expériences en mode difficile) et la polémique stérile qui l'accompagne. L'absence totale de transition entre cinématiques et phases de gameplay à sans doute altérer l'équilibre globale du jeu. Malheureusement, c'est visible.
Chapitre VII - La bande originale -
L'accompagnement orchestral composé par Jason Graves est de toute beauté. Raffiné, enveloppant, sombre, épique, plein d’émotions et d'identité. Sans conteste, une des meilleurs bandes sonores de cette génération, dans la droite lignée de God of War ou encore Max Payne.
- Épilogue -
Ni chef d'oeuvre, ni ratée, The Order 1886 pose les fondations d'une nouvelle franchise prometteuse, d'un projet passionné, sans multijoueurs, sans monde ouvert, sans éléments RPG, (sans bugs, sans temps de chargements, sans ralentissements) mais d'un pari créatif sur le long terme, porté par l'ambition de ses développeurs sans jamais tenter d'exhorter le plus grand nombre en cours de route.
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